Quelles sanctions économiques contre la Russie?
- Equipe du Nanterre Express

- 28 nov. 2022
- 3 min de lecture
- ou comment l’argent nous sauvera d’une troisième guerre mondiale -
24 février, 7h04. Le cri terrifiant de la sirène d’alerte tire les ukrainiens de leur lit. Le bruit des bombardements accompagne ce réveil funeste et c’est ainsi que l’on comprend : après nombre de menaces, Vladimir Poutine est passé à l’acte - la Russie a envahi l’Ukraine.
Après l’annexion de la Crimée en 2014, le président russe bafoue une nouvelle fois le droit international. Et il nous prévient : ceux “qui tenteraient d’interférer avec nous (…) ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n’avez encore jamais connues”. Poutine montre les muscles au son d’une menace nucléaire sous-entendue.
Il ne faut pas se voiler la face. Une intervention militaire est fort peu probable de la part des pays occidentaux - pour ne pas dire de la part des Etats-Unis. Seule sortie possible: les sanctions économiques.
Quelles sanctions et pour qui?
Première cible des sanctions : les oligarques russes. En effet, ceux qu’on appelle “oligarques”, autrement dit des hommes russes au premier plan du monde des affaires et en lien avec le pouvoir politique, détiennent des comptes et des biens en Europe. Alors pour faire indirectement pression sur le gouvernement russe, l’Union européenne a décidé de geler leurs avoirs - c’est-à-dire de prélever leurs biens et de suspendre leurs comptes. D’autres pays, tels que les Etats-Unis ou la Suisse, soutiennent cette mesure.
L’Union prévoit également de limiter l’accès des autorités, des banques ou encore des entreprises russes aux marchés de capitaux européens tout en bloquant les transactions de la Banque centrale de Russie.
On notera aussi la reconduction, par l’Union européenne toujours, de sanctions mises en place en 2014, après l’annexion de la Crimée. Par exemple, les pays membres ont interdiction d’exporter des avions, des pièces et équipements de l’industrie aéronautique ainsi que des technologies de raffinage pour l’industrie pétrolière.
Autre sanction importante, l’exclusion des banques russes du SWIFT belge - littéralement, société pour les télécommunications financières interbancaires mondiales. Cette plateforme bancaire représente un rouage essentiel de la finance mondiale. L’exclusion de la Russie bloque donc les importations et les exportations. Néanmoins, certaines banques font mesure d’exception pour continuer à effectuer des transactions sur le pétrole et le gaz russe.
Le pays est cependant habitué à ce genre de sanctions et a donc conçu un système alternatif notamment grâce à des partenariats avec la Chine.
Pour terminer, ce mardi 8 mars, les Etats-Unis ont “passé la seconde" en imposant un embargo sur les importations de pétrole russe. Il faut quand même préciser que les importations de pétrole russe des Etats-Unis ne représentent que 8% de leurs importations totales. Une telle mesure n’est donc pas encore envisageable pour les pays européens qui dépendent considérablement de ce pétrole.
Si l’Union européenne, les Etats-Unis, le Royaume-Unis, le Canada ou encore le Japon sont les premiers à mettre en place de telles sanctions, la liste des pays s’allonge à vue d'œil - même si la Chine n’en fera sûrement pas partie, en témoigne “l’amitié” entre le pays et la Russie.
Une monnaie qui dégringole
Coup dur pour les échanges financiers russes : la bourse de Moscou ne rouvrira pas avant le 21 mars prochain, date sans cesse repoussée. La raison? D’abord, le cours des actions a fortement chuté en raison des très lourdes sanctions appliquées par de nombreux pays. Ne pas rouvrir la bourse empêche de nouvelles cotations, cotations qui déterminent la valeur d’une côte, et donc d’un bien. Les empêcher évite donc une baisse des valeurs des actions sur le marché.
Seconde chose, la devise russe dégringole. En effet, le taux de change en dollar est passé de 93,5 roubles pour 1$ avant l’invasion, à 120 roubles au 9 mars 2022. Et cela annonce une flambée de l’inflation. En d’autres termes, les prix vont fortement augmenter et la population russe risque - si elle n’en souffre pas déjà - de subir une très forte baisse de son pouvoir d’achat.
Petit bémol : il ne faut pas oublier que la majeure partie du gaz utilisé par les pays européens provient de Russie. Nous serons donc nous-aussi impactés par ces sanctions. De plus, on peut très bien se demander si les sanctions économiques envers la Russie seront assez efficaces pour stopper Vladimir Poutine et son envie débordante de pouvoir.
Quand la menace d’une troisième guerre mondiale pointe le bout de son nez, le hard power de l’économie sera-t-il suffisant pour éviter un tel renversement? Réponse bientôt (sauf si une bombe nucléaire explose entre-temps).
Le 10/03/2022, par Mélissa El Maalouly



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