Manifestations en Chine : le soulèvement d’un peuple opprimé
- Equipe du Nanterre Express

- 5 avr. 2023
- 2 min de lecture
« Empêcher une vague meurtrière de plus d’un million de morts », c’est la raison officielle qui a poussé Xi Jinping à instaurer sa politique « zéro-Covid » au début de la pandémie en 2020.

Une stratégie aux mesures drastiques qui a rythmé la vie de la population chinoise pendant trois ans : confinements sur confinements au moindre cas positif détecté - parfois sur les lieux de travail ou dans des lieux insalubres, laissant les citoyens démunis et incapables d’acheter le nécessaire du quotidien. Une politique dure, à l’origine de manifestations inédites dans la deuxième puissance mondial
Bien que les manifestations civiles aient commencé début novembre en Chine, un incendie meurtrier survenu le 24 novembre à Urumqi - capitale régionale du Xinjiang - vient marquer un tournant dans les manifestations. L’incident est filmé, les vidéos enflamment le réseau chinois et la colère se répand. Les manifestations deviennent alors plus nombreuses, plus intenses, à l’image de l’indignation que suscite l’incendie, une tragédie ayant fait dix morts et qui aurait pu être évitée si les barrières de contrôle anti-Covid n’avaient pas empêché les pompiers d’entrer dans la zone résidentielle.
Des milliers de manifestants ont ainsi envahi les rues, brandissant des feuilles de papier blanches immaculées. Symbole de la censure du régime, la blancheur des feuilles marque l’absence des mots, elle hurle ce qu’il est interdit de dire. Une couleur bien pâle pour un message bien sombre.
La fin de la politique zéro-Covid, mais aussi plus de démocratie et plus de liberté, étaient ainsi revendiquées lors de ces protestations, rejointes par des étudiants comme des ouvriers – du jamais vu depuis les années 1980 en Chine.
Face à l’ampleur des manifestations - qui durent depuis presque deux mois maintenant, les autorités chinoises ont renforcé la présence policière et la surveillance des réseaux sociaux. De son côté, bien que le gouvernement ne reconnaisse pas officiellement les protestations, Xi Jinping admet une « frustration » due à trois ans de restrictions sanitaires. C’est dans ce contexte d’impasse pour les autorités que Pékin a annoncé le 7 décembre 2022 un assouplissement de sa politique zéro-Covid : les bureaux et les commerces n’exigeront plus la présentation d’un test PCR négatif et plusieurs grandes villes, comme Shanghai ou Hangzhou, réduiront également leurs exigences en matière de tests.
Un changement de stratégie brutal que le président du parti unique tente de dissimuler derrière une simple « nouvelle phase dans la lutte contre la pandémie » amorcée par l’arrivée d’un « variant Omicron moins mortel, permettant un assouplissement des restrictions ». Une façon pour le régime de ne pas perdre la face et de ne flancher qu’à moitié ? Une chose reste sûre : l’abandon de la politique zéro-Covid se dévoile comme un tournant, une faille, dans l’autorité du régime de Xi Jinping. Une brèche qui laisse espérer un lendemain meilleur, plus libre, et plus juste pour la Chine.
Le 23/12/2022, par Chloé Raynaud
Références
-Manifestations de 2022 en Chine — Wikipédia (wikipedia.org)
-En Chine, des étudiants manifestent contre le confinement de leur université (lemonde.fr)
-Politique "zéro Covid" en Chine : le régime envoie des signes d'assouplissement (francetvinfo.fr)



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