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Jeux olympiques d’hiver de Pékin : impact écologique glaçant

  • Photo du rédacteur: Equipe du Nanterre Express
    Equipe du Nanterre Express
  • 28 nov. 2022
  • 3 min de lecture

Du 4 au 20 février 2022 se tiennent les Jeux Olympiques d’Hiver de Beijing (Pékin), l’occasion pour nous de revenir sur l’une des controverses qui fait scandale : l’impact écologique catastrophique des Jeux d’Hiver chinois sur notre planète.



Eh oui. Désormais, en plus d’être accusée de graves atteintes aux droits humains concernant la minorité ouïghour, ou encore d’une privation totale de liberté d'expression, en témoigne la tenniswoman Peng Shuai, la République Populaire de Chine est critiquée cette fois pour l'organisation des Jeux Olympique d’hiver… Sur un territoire où il n’y a manifestement pas de neige!



Des chiffres inquiétants


Les hivers de l’Est de la Chine sont secs et glaciaux donc peu, voire pas, empreints aux chutes de neige. Ainsi, 100% de la neige utilisée sur les sommets de Pékin est artificielle. Et les photos sont choquantes : une simple bande blanche de fausse neige qui descend du sommet de la montagne brune.


Selon la chercheuse en hydrologie (étude des eaux) Carmen de Jong, la Chine produira au total 1,2 million de mètres cubes de neige ce qui représente 185 millions de litres d’eau. Mais alors d’où vient cette eau?

C’est une question qui pose un double problème ; d’abord cette eau est pompée dans les réserves d’une région aride où la quantité d’eau pour la population et pour l’agriculture manque déjà. Qui plus est, Arnaud Gauffier (WWF France) affirme que la période hivernale est celle où les disponibilités en eau sont les plus faibles.


Ensuite, d’après les estimations du scientifique et chercheur Carlo Carmagnola, le coût énergétique du pompage suivi de la fabrication de la neige représenterait 3,6 millions de kWh. (A titre de comparaison, 3,6 millions de kWh permettent de prendre 1,8 millions de douches d’après les données d’EDF!) Une dépense énergétique aussi importante, même à l’aide d’énergies renouvelables comme le défendent les organisateurs, semble complètement dérisoire. Ne doit-on pas accepter qu’on ne puisse pas faire du ski là où il n’y a pas de neige?


Et si l’argument du coût énergétique n’est pas suffisant, on peut aussi prévoir une forte érosion des sols. En effet, pour installer ces pistes de ski, un grand déboisement a été entrepris ; les plantes ne peuvent plus pousser, ce qui crée un retard comme le précise le professeur Vincent Vlès pour Le Huffpost, et les sols sont gorgés d’eau. On obtient donc un terrain exposé à une dégradation massive qui appauvrit les sols et pose notamment problème pour l’alimentation des animaux.


Cerise sur le gâteau, l’élaboration des pistes situées à Yanqing, district du nord-ouest de Pékin, s’est faite en dépit de la réserve naturelle de Songshan dont une partie a été détruite malgré les espèces en voie de disparition qui y vivaient.



L’absence d’une gouvernance mondiale


Si les Etats-Unis, l’Australie, le Royaume-Unis et le Canada ont entrepris un “boycott diplomatique” des Jeux Olympiques - ce qui est tout à fait honorable, notamment au regard de la France qui n'a pas pris position - aucune remarque quant au péril environnemental n'a été faite par les Etats participants.


Ce qui peut sembler paradoxal, c’est que cette situation était à prévoir. Les climatologues savent très justement que la neige sur les sommets orientaux chinois se fait rare en raison d’un climat trop sec, surtout à cette période de l’année.


Mais cette situation aurait-elle pu vraiment être évitée? Probablement non au vu des tensions politiques et géopolitiques entre la Chine et les grandes puissances occidentales. Néanmoins, une autre raison peut être évoquée : l’absence de gouvernance mondiale pour la lutte contre le dérèglement climatique. En d’autres termes, il manque une réelle coopération entre les Etats sur les questions environnementales et sur les sanctions pouvant être mises en place. Les intérêts nationaux des Etats (tout comme l’argent et la puissance) pèsent aujourd'hui plus lourd que la protection de notre planète.



La Chine n’est pas la première - et sûrement pas la dernière - à attiser la fureur des écologistes. En 2019 déjà, les Mondiaux d'athlétisme à Doha avaient suscité la colère de nombreuses personnes et, pour cause, un immense stade à ciel ouvert climatisé. Et rebelote en décembre prochain avec la Coupe du monde de football au Qatar. A croire qu’on ne retient jamais vraiment la leçon…


Le 15/02/2022, par Mélissa El Maalouly

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