Inflation : où en sommes-nous ?
- Equipe du Nanterre Express

- 21 déc. 2022
- 2 min de lecture
Si ces trente dernières années l’inflation en France n’a pas dépassé les 4%, la hausse généralisée des prix bat aujourd’hui un record avec un taux d’inflation stabilisé à 6,2% depuis octobre 2022.

D’après les rapports de l’INSEE, la hausse s’est faite progressivement : l’inflation était de 4.8% en avril 2022, 5,2% en mai, 5,8% en juin, puis 6,1% en juillet… En bref, une augmentation mensuelle moyenne entre 0,4 et 0,8% - en dépit d’une légère baisse en août et en septembre avant une ré-augmentation courant octobre - qui touche tous les secteurs.

Ainsi, sur un an, le coût de l’énergie a augmenté de 18,4 %, l’alimentation de 12,1%, les services de 3% et les produits manufacturés de 4,4 % (chiffres datant de fin novembre 2022).
A noter qu’il ne s’agit pas d’une “hyperinflation” - caractérisée par une augmentation de 50% des prix sur un mois - mais bien d’une “inflation simple”.
Les Français voient ainsi leur pouvoir d’achat diminuer grandement - bien que déjà asymptotiquement proche de zéro sans inflation - suite à la conjonction de plusieurs facteurs : la guerre en Ukraine, la reprise des activités après le Covid et le reconfinement en Chine, tous menant à une demande largement supérieure à l’offre.
En effet, l’occupation russe en Ukraine a fait massivement chuter les exportations ukrainiennes, essentiellement centrées sur le pétrole, le gaz, l’huile et le blé, entraînant une chute de l’offre de ces matières premières et donc une augmentation de leur prix.
Cet effondrement de l’offre a ainsi accentué la distorsion entre l’offre et la demande, déjà amorcée par la reprise des activités après le confinement. Les consommateurs se rattrapent sur ce qu’ils n’ont pu consommer et les entreprises en profitent pour augmenter leurs prix. A cela vient s’ajouter l’élément de la politique chinoise “zéro-covid”, politique à l’origine de la fermeture de nombreuses usines, abaissant la production industrielle de 2,9% en Chine. Cette baisse, combinée au ralentissement des ports chinois, entraîne une augmentation du coût de la production et des transports, impactant instantanément l’inflation occidentale.
Cependant, avec les aides gouvernementales, l’inflation en France s’étend moins vite que dans beaucoup d’autres pays du globe : en novembre, l’inflation allemande atteignait les 10%, 9,4% en Angleterre, 11,8% en Italie et 7,1% aux Etats-Unis. L’Asie, quant à elle, reste relativement épargnée : sur un an, l’inflation en Chine n’a pas dépassé 2,7%, 5% en Corée du Sud, ou encore 3,7% au Japon (chiffres datant d’octobre et novembre 2022).
Toutefois, la situation en France semble vouée à empirer. Dès 2023, le gouvernement prévoit en effet une baisse, voire un arrêt, des différentes interventions de l'Etat (prix des carburants, tarif réglementé EDF, prix du gaz...). La raison ? Une dette nationale immensément élevée, un fossé de 2 900 milliards d’euros dans le porte-monnaie français. De quoi effrayer un État social capitaliste.
Références
En octobre 2022, les prix à la consommation augmentent de 6,2 % sur un an - Informations rapides - 286 | Insee
HISTORIQUE TAUX d'INFLATION EN FRANCE DE 1901 à 2022 (france-inflation.com)
Inflation : les causes de la soudaine hausse des prix | vie-publique.fr
Quelles sont les causes actuelles de l’inflation ? | Banque Transatlantique
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Le 20/12/2022, par Chloé Raynaud



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