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Attentat à Paris : le racisme exacerbé

  • Photo du rédacteur: Equipe du Nanterre Express
    Equipe du Nanterre Express
  • 26 déc. 2022
  • 3 min de lecture

Il est quasiment midi quand plusieurs coups de feu retentissent ce 23 décembre dans le Xe arrondissement de Paris. L’effroi : trois morts et un blessé grave - tous Kurdes.



Drapeau du Kurdistan - image libre de droit

Vendredi dernier, près du centre culturel kurde Ahmet-Kaya (du nom d’un ancien chanteur kurde engagé), trois personnes ont été fusillées : Emine Kara, grande militante Kurde, Miran Perwer et Abdulrahman Kizil, tous deux réfugiés politiques. Cet attentat n’est pas sans rappeler la nuit du 9 au 10 janvier 2013. Trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avaient été assassinées dans le Xe arrondissement.






Les Kurdes : une minorité rejetée ?

Il nous semble important de revenir très rapidement sur l’état actuel du peuple kurde. Voir les références en fin d’article pour plus d’informations sur les Kurdes et le Kurdistan.



Les Kurdes sont un peuple dit “indo-européen”, à majorité sunnite, issu de la région du Kurdistan.

Situation de la région du Kurdistan sur une carte

Entre promesses et désillusions, ils ne possèdent toujours pas d’Etat souverain, de territoire défini avec ses propres frontières et ses propres lois. Non, les Kurdes, qui représentent quand même 30 à 40 millions d’individus, sont répartis sur pas moins de quatre Etats : l’Iran, la Syrie, l’Irak, mais surtout la Turquie - où ils représentent la plus grande minorité ethnique. Le peuple kurde est grandement affecté par des persécutions et une exclusion constante dans ces pays, et cela, depuis des dizaines et des dizaines d’années.


Des organisations politiques militent depuis tout autant de temps pour bénéficier d’un Etat kurde et d’un statut reconnu. C’est dans ce sens qu’on peut comprendre les mots du Conseil démocratique kurde en France (CDKF) qui “condamne avec virulence cette attaque terroriste infâme qui intervient suite à de multiples menaces proférées par la Turquie, alliée de Daesh”. Autrement dit, le CDKF suspecte directement la Turquie - qui n’a pour le moment aucune responsabilité dans l’attentat du 23 décembre.


Quand on est une minorité exclue, stigmatisée, ou encore persécutée depuis des années, comment réagir lorsque, une fois de plus, plusieurs membres de votre “communauté” sont brutalement fusillés ?




Un suspect au motif plus que douteux


Un homme français de 69 ans a été interpellé et placé en garde à vue par les enquêteurs pour “assassinat”, “homicides volontaires”, “violences aggravées”, “infractions à la législation sur les armes”, puis pour “acte raciste”.


Il s’appelle William M. et il est sorti de prison le 12 décembre dernier, sous contrôle judiciaire. En effet, le suspect était déjà connu des services de police pour une attaque contre un camp de personnes exilées en 2021, ou encore pour une attaque au couteau en 2016.


Il avait apparemment décidé de commettre son attentat à Saint-Denis plus tôt dans la matinée, mais, faute de monde dans les rues, il décida de se rendre directement dans une rue du Xe arrondissement, particulièrement fréquentée par la communauté kurde de France.


D’après ses propres déclarations, sa “haine des étrangers devenue complètement pathologique” s’installe en 2016, quand il est victime d’un cambriolage - un raccourci peut-être ? Il confirme également le motif raciste de son acte et déclare, selon certaines sources, avoir directement visé la communauté kurde.







La classe politique française s’est empressée de s’exprimer sur son réseau social favoris, Twitter. A gauche comme à droite, on “soutient” les victimes… à un mot près. Si certains parlent d’attentat(1) et même de terrorisme(2), d’autres préfèrent rester sur le terme de fusillade(3)... On vous laisse deviner les raisons de ces choix.





(1) attaque contre les personnes, assassinat - Universalis

(2) emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique - Le Robert

(3) échange de coup de feu - Le Robert



Références


Sur le peuple kurde



Le 26/12/2022, par Mélissa El Maalouly


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