L’édition digitale de la musique démocratisée
- Equipe du Nanterre Express

- 28 nov. 2022
- 2 min de lecture
Durant les années 2010, alors que les majors (telles qu’Universal, Sony ou bien Warner) détiennent à peu près 70% du marché mondial de la musique, les compagnies d’édition digitale prennent forment. Les ventes digitales augmentent et le marché physique est dépassé dès 2018.
Avec le succès des entreprises comme Distrokid, Tunecore ou encore CD Baby, il est possible pour n’importe quel artiste de publier de manière illimitée ses musiques sur les grandes plateformes de streaming pour seulement une vingtaine d’euros par an. L’avantage de cette offre est de taille puisque le statut d’artiste est plus accessible, les droits d’auteur sont conservés par l’artiste, il perçoit la totalité de ses revenus et reste entièrement indépendant dans sa direction artistique. « Moi je paye 30 euros par an pour avoir tous les avantages proposés et pour les streams que je fais c’est hyper rentable », me confie le rappeur Wall.E.
Cette démocratisation apporte en effet aux artistes un accès beaucoup plus direct à leurs revenus, contrairement aux majors comme nous l’illustre grossièrement le rappeur Deen Burbigo dans son titre Cercle Vertueux : « Signer en artiste : la pire bêtise à faire / On leur tend des contrats d’esclavages, ils sont tous signataires / La major prend quatre-vingt-dix pourcent d’ton chiffre d’affaires ». Les compagnies d’édition digitale permettent donc aux artistes sans labels de pouvoir continuer leur carrière, d’en vivre voire de la financer, à condition bien sûr d’avoir suffisamment d’écoutes et de visibilité. « Après 3 ans chez Distrokid, j’ai été super content du service proposé, c’est tellement pratique... Et ça donne une dimension importante à la musique indépendante. Il y a tout de même des inconvénients, le service client par exemple : j’ai fait plusieurs demandes qui n’ont jamais abouti... » rapporte l’artiste LÜNE (interviewé dans l’un de nos podcasts).
Par conséquent, avec l’individualisation de l’édition digitale, il semblerait que l’esprit des labels et leur nécessité s’effritent. En réalité, ils conservent leur importance à travers la promotion non négligeable qu’ils confèrent aux artistes. A l’image des disquaires mettant en avant certains albums dans les boutiques, les plateformes comme Spotify peuvent promouvoir des musiques par le biais des playlists publiques les plus écoutées. Or, il va de soi que les majors et les labels importants entretiennent avec les plateformes des relations bénéficiaires, permettant aux artistes d’être plus facilement présents dans des playlists populaires.
De plus, un label constitue un bon moyen pour l’artiste de se développer, comme nous l’explique LÜNE : « Avoir un label m’a beaucoup apporté humainement car ça m’a constitué une famille artistique, j’ai pu rencontrer d’autres producteurs, chanteurs, etc. En plus de tout le travail de promo, de financement et de conseil, un label peut aussi t’apporter son réseau », contrairement aux compagnies d’édition digitale. Bien que ces dernières apportent du soutien aux petits artistes à travers l’accessibilité de leurs offres, le potentiel de développement artistique peut y être limité.
Le 21/11/2021, par Rodolphe Grenier



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